Pegging : La pratique de sodomie inversée qui redéfinit les rôles de pouvoir

L’essentiel à retenir : Le pegging désigne une pratique sexuelle où une personne pénètre analement son partenaire à l’aide d’un gode-ceinture. Longtemps associée à l’inversion des rôles traditionnels, cette pratique s’est démocratisée et trouve naturellement sa place dans l’univers de la domination féminine. Au-delà du plaisir physique intense qu’elle procure, elle constitue un terrain d’exploration du pouvoir, de la vulnérabilité et du lâcher-prise consentis.

Vous êtes dominatrice ou simplement curieuse d’explorer une dynamique où vous prenez le contrôle de manière totalement nouvelle ? Le pegging offre une expérience unique qui transcende la simple technique pour devenir un véritable acte de domination psychologique et physique. Découvrez ici les origines de cette pratique, ses dimensions sensorielles et psychologiques, ainsi que tous les conseils pratiques pour l’aborder en toute sécurité et sérénité.

Sommaire

Comprendre le pegging : définition et origines

Qu’est-ce que le pegging exactement ?

Le pegging consiste en une pénétration anale effectuée à l’aide d’un gode-ceinture (ou strap-on). Historiquement, ce terme désignait spécifiquement une femme pénétrant un homme, mais son usage s’est élargi pour englober toutes les configurations de genre et d’orientation.

La personne qui pénètre est parfois appelée la peggeuse (ou pegger), tandis que celle qui reçoit est le peggé (ou peggee). Dans le vocabulaire BDSM, on parle aussi naturellement de Top et bottom, ou encore de Dominante et soumis.

C’est une pratique qui brise les schémas traditionnels de pénétration. Elle renverse littéralement les rôles attendus et crée un espace où la vulnérabilité et le pouvoir s’échangent de manière totalement consciente.

L’histoire d’un mot : comment « pegging » est né

Le terme pegging a été inventé en 2001 par Dan Savage, célèbre chroniqueur américain spécialisé dans la sexualité. Il a organisé un concours dans sa rubrique Savage Love pour trouver un nom à cette pratique qui n’en avait pas encore.

Les lecteurs ont voté et pegging l’a emporté face à d’autres propositions comme bob ou punt. Cette initiative répondait à une visibilité croissante de la sodomie inversée, notamment grâce au film éducatif Bend Over Boyfriend sorti en 1998.

Depuis, le terme s’est imposé dans le vocabulaire courant et figure même dans les dictionnaires. Il témoigne d’une normalisation progressive de pratiques longtemps taboues.

Les différents termes utilisés dans la communauté

Au-delà de pegging, la communauté utilise divers termes pour désigner les rôles et les pratiques associées. On parle de Top pour la personne active et de bottom pour la personne réceptive, sans connotation de genre.

Dans l’univers femdom, on utilisera naturellement les termes de Dominante et de soumis. La dimension de pouvoir est alors clairement affirmée et assumée.

Le vocabulaire compte aussi : strap-on (gode-ceinture), harnais, dildo anal, plug… Chaque accessoire a son nom et sa fonction spécifique dans l’arsenal de la peggeuse.

Pourquoi le pegging fascine-t-il autant ?

Le plaisir physique : une zone riche en sensations

La zone anale est incroyablement dense en terminaisons nerveuses. Pour les personnes possédant une prostate, le pegging offre une stimulation directe de ce qu’on surnomme parfois le point P (l’équivalent masculin du point G).

Cette stimulation prostatique peut déclencher des orgasmes d’une intensité remarquable, différents des orgasmes génitaux classiques. Beaucoup décrivent ces sensations comme plus profondes et diffuses dans tout le corps.

Pour celles et ceux sans prostate, le plaisir anal reste tout aussi réel. La sensibilité de cette zone, sa proximité avec d’autres points érogènes et la dimension psychologique de l’acte créent une expérience sensorielle unique.

L’excitation de la peggeuse : pas seulement réservée au peggé

Contrairement aux idées reçues, la personne qui porte le gode-ceinture peut elle aussi ressentir du plaisir physique. Certains harnais intègrent des vibrateurs ou des stimulateurs internes qui procurent des sensations directes.

Mais au-delà de la stimulation mécanique, beaucoup de peggeuses rapportent une excitation intense liée à l’acte lui-même. Voir et sentir la réaction de son partenaire, le contrôler physiquement, créer du plaisir chez l’autre devient une source de jouissance.

C’est un plaisir différent, plus cérébral peut-être, mais tout aussi puissant. L’énergie érotique circule dans les deux sens lors d’une session de pegging réussie.

Le renversement des rôles : briser les codes établis

Le pegging bouscule les représentations traditionnelles de la sexualité. Il place la femme dans une position active de pénétration, inversant le script habituel des rapports hétérosexuels.

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Cette inversion peut être psychologiquement libératrice. Pour celui qui reçoit, accepter la vulnérabilité de cette position demande un lâcher-prise profond. C’est un acte de confiance totale envers sa partenaire.

Pour celle qui pénètre, endosser ce rôle dominant peut révéler des facettes inexplorées de sa sexualité. C’est l’occasion d’expérimenter le pouvoir de manière concrète et physique.

La dimension psychologique : contrôle, vulnérabilité et abandon

Au-delà des sensations purement physiques, le pegging engage une dynamique émotionnelle complexe. Le soumis qui s’offre à cette pratique fait acte de vulnérabilité totale face à sa Dominante.

Cette exposition, cette mise à nu psychologique peut générer des émotions intenses. Certains y trouvent une forme de catharsis, d’autres une sensation d’appartenance profonde.

Le pegging devient alors bien plus qu’un acte sexuel. C’est un rituel de pouvoir, un moment où les rôles se cristallisent avec une clarté absolue. La Dominante prend, le soumis offre.

Le pegging dans l’univers de la domination féminine

Quand le pegging rencontre le BDSM

Dans un contexte BDSM, le pegging trouve naturellement sa place parmi les pratiques de domination. Il s’intègre parfaitement dans une dynamique D/s (Domination/soumission) où les rapports de pouvoir sont explicites.

La Dominante contrôle le rythme, la profondeur, l’intensité de la pénétration. Elle décide quand commencer, quand s’arrêter, comment faire durer le plaisir ou au contraire le frustrer. C’est un contrôle total sur le corps de l’autre.

Le soumis, lui, doit accepter cette position de réceptivité. Il doit gérer sa respiration, détendre son corps, faire confiance. Cette dimension de lâcher-prise est au cœur même de la philosophie BDSM.

Un acte de domination physique et symbolique

Le pegging en contexte femdom dépasse la simple technique sexuelle. C’est un acte de domination symbolique puissant qui matérialise littéralement la prise de pouvoir.

En pénétrant son soumis, la Dominante s’approprie un geste culturellement masculin. Elle renverse les codes, elle prend possession du corps qui lui est offert.

Cette inversion des rôles genrés peut avoir une dimension transgressive particulièrement excitante. Elle brise les tabous et affirme que le pouvoir n’a pas de genre prédéfini.

Fluidité du pouvoir : Dominante douce ou stricte ?

Attention aux idées reçues. Le pegging en femdom ne signifie pas automatiquement brutalité ou humiliation. La dynamique de pouvoir peut s’exprimer de mille façons différentes.

Une Dominante peut être douce, sensuelle, prendre son temps pour faire monter le plaisir progressivement. La domination s’exprime alors dans la patience, dans l’art de faire languir.

À l’inverse, une approche plus stricte, plus exigeante est tout aussi valide. L’intensité, la vitesse, les ordres secs peuvent créer une expérience radicalement différente mais tout aussi puissante.

Briser le tabou de l’analité masculine

Historiquement, la pénétration anale masculine a été entourée de nombreux tabous liés à la masculinité toxique et à l’homophobie. Le pegging participe à déconstruire ces préjugés absurdes.

Accepter le plaisir anal ne remet en question ni l’orientation sexuelle ni la virilité. C’est simplement explorer une zone érogène que tout être humain possède, indépendamment du genre.

Dans le contexte femdom, cette acceptation devient même un acte de courage et de confiance. Le soumis qui s’offre au pegging montre sa capacité à dépasser les conditionnements sociaux pour explorer son plaisir authentique.

Pratiquer le pegging en toute sécurité : le guide complet

Le matériel indispensable : bien choisir son équipement

Votre premier investissement doit être un harnais de qualité. Il en existe plusieurs types (avec sangles, sans sangles, slip-on) et le choix dépend de votre morphologie et de vos préférences. Privilégiez un modèle réglable et confortable.

Le gode lui-même doit être adapté. Pour débuter, choisissez une taille raisonnable (pas trop large ni trop long). Privilégiez les matériaux sains comme le silicone médical, faciles à nettoyer et sans risque pour le corps.

La lubrification n’est pas optionnelle, elle est absolument fondamentale. Contrairement au vagin, l’anus ne se lubrifie pas naturellement. Prévoyez un lubrifiant de qualité, de préférence à base d’eau si vous utilisez des préservatifs ou du silicone.

Les essentiels pour débuter le pegging :

  • Un harnais ajustable et confortable
  • Un gode de taille modérée en silicone médical
  • Du lubrifiant à base d’eau en quantité généreuse
  • Des préservatifs pour faciliter le nettoyage
  • Éventuellement des plugs de tailles progressives pour la préparation
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L’échauffement : l’étape qu’on ne peut pas sauter

Ne vous précipitez jamais directement vers la pénétration. Le sphincter anal est un muscle qui a besoin de temps pour se détendre complètement. Forcer ou brusquer les choses est le meilleur moyen de créer une expérience désagréable voire douloureuse.

Commencez par des caresses externes, massez la zone, créez une atmosphère de détente. Le mental joue un rôle énorme dans la capacité du corps à se relâcher.

Ensuite, progressez doucement avec un doigt lubrifié, puis éventuellement un plug anal de petite taille. Cette progression en douceur prépare le corps et rassure psychologiquement.

La technique : douceur, communication et patience

Une fois le corps préparé et le soumis détendu, la pénétration peut commencer. Appliquez généreusement du lubrifiant sur le gode et renouvelez régulièrement l’application durant la session.

L’insertion doit être lente et progressive. C’est le peggé qui doit contrôler le rythme initial, en poussant légèrement vers l’arrière pour guider la pénétration. Ne forcez jamais.

Commencez par des mouvements peu profonds et lents. Observez les réactions, restez à l’écoute des signaux verbaux et corporels. La communication constante est la clé d’une expérience réussie.

Les positions recommandées pour débuter

Pour une première expérience, certaines positions facilitent la détente et le contrôle. La position de la levrette (à quatre pattes) est souvent recommandée car elle offre un bon angle de pénétration et permet au peggé de bien gérer la profondeur.

La position du missionnaire (sur le dos, jambes relevées) permet un contact visuel et crée une intimité particulière. Elle facilite aussi la communication non-verbale et permet à la Dominante de surveiller les expressions de son soumis.

La position sur le côté est également confortable pour les sessions plus longues. Elle met moins de pression sur les genoux et les bras, et permet une pénétration douce et progressive.

Sécurité et hygiène : les règles d’or à respecter

L’hygiène est primordiale dans toute pratique anale. Le peggé peut choisir de se nettoyer en amont (douche anale légère), mais ce n’est pas systématiquement nécessaire si l’alimentation est équilibrée et le transit régulier.

Utilisez toujours un préservatif sur le gode. Cela facilite énormément le nettoyage et évite les risques de transmission de bactéries si le même jouet est utilisé pour d’autres pratiques ou partenaires.

Après la session, nettoyez soigneusement le matériel avec de l’eau chaude et du savon doux ou un nettoyant spécifique pour jouets sexuels. Le harnais doit aussi être nettoyé s’il est entré en contact avec des fluides corporels.

Règle absolue de sécurité : ne passez jamais un objet de l’anus au vagin sans le nettoyer intégralement. Les bactéries présentes dans l’intestin peuvent causer des infections vaginales sérieuses.

La communication : le safeword et le check-in continu

Avant toute session de pegging, établissez un safeword clair. C’est un mot qui, prononcé, arrête immédiatement l’action en cours. Dans l’univers BDSM, le système des feux tricolores (vert, orange, rouge) fonctionne très bien.

Pendant la pratique, n’hésitez pas à demander régulièrement comment se sent votre partenaire. Un simple « ça va ? » ou « c’est bon pour toi ? » maintient le dialogue ouvert.

Soyez attentive aux signaux non-verbaux. Une tension soudaine du corps, un changement de respiration, une grimace sont autant d’indices qu’il faut ralentir ou s’arrêter.

L’aftercare : prendre soin après l’intensité

Après une session de pegging, particulièrement si elle a été intense, l’aftercare est important. Le soumis peut ressentir une grande vulnérabilité émotionnelle après avoir vécu une expérience si intime.

Prévoyez un moment de réconfort et de reconnexion. Des câlins, des mots doux, un moment calme ensemble permettent de revenir doucement à la réalité quotidienne.

Sur le plan physique, vérifiez qu’il n’y a pas de douleur inhabituelle. Une légère sensibilité est normale, mais une douleur aiguë ou des saignements nécessitent une attention médicale.

Les erreurs à éviter absolument

Négliger la préparation et la lubrification

C’est l’erreur numéro un des débutants. Sous-estimer l’importance de la préparation et de la lubrification garantit presque à coup sûr une expérience désagréable. L’anus n’est pas conçu pour se lubrifier seul.

Appliquez du lubrifiant en quantité généreuse, puis rajoutez-en encore. Il est pratiquement impossible d’en mettre trop. N’hésitez pas à en remettre durant la session si nécessaire.

La préparation mentale et physique ne doit jamais être bâclée. Prenez votre temps, créez une ambiance propice à la détente. La précipitation est l’ennemie du plaisir dans le pegging.

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Forcer ou aller trop vite

Toute sensation de douleur aiguë est un signal d’alarme que le corps envoie. Ignorer cette douleur ou forcer le passage peut causer des déchirures anales (fissures) qui sont douloureuses et longues à guérir.

Si ça résiste, c’est que le corps n’est pas prêt. Revenez en arrière, ajoutez du lubrifiant, laissez plus de temps pour la détente. La patience est une vertu cardinale en matière de pegging.

Rappelez-vous que le sphincter est un muscle complexe avec deux anneaux (externe et interne). Même si le premier s’est détendu, le second peut mettre plus de temps. Respectez ce rythme naturel.

Confondre domination et brutalité

Dans un contexte femdom, il peut être tentant de confondre intensité et violence. Mais dominer ne signifie pas brutaliser. Le contrôle peut s’exercer avec douceur, précision et attention.

Une vraie Dominante sait lire son soumis, ajuster son approche en temps réel. Elle teste les limites avec intelligence, jamais en les franchissant brutalement sans préparation.

Le BDSM repose sur le consentement éclairé et continu. Une scène de pegging doit rester dans les limites négociées et respecter les signaux de sécurité établis.

Oublier l’hygiène et la protection

Négliger l’hygiène expose à des risques d’infections. Les bactéries intestinales ne doivent pas être transférées vers d’autres zones corporelles ou d’autres partenaires.

Le nettoyage du matériel après usage n’est pas optionnel. Un gode mal nettoyé peut devenir un terrain de prolifération bactérienne. Investissez dans de bons produits nettoyants et prenez le temps de bien faire les choses.

Les préservatifs sur les godes simplifient énormément l’hygiène. Ils permettent aussi de changer de partenaire sans risque de transmission croisée si vous pratiquez avec plusieurs soumis.


Le pegging constitue une pratique fascinante qui mêle plaisir physique intense et exploration des dynamiques de pouvoir. Dans l’univers de la domination féminine, il trouve naturellement sa place comme un acte de prise de contrôle à la fois symbolique et concret. En l’abordant avec préparation, communication et respect des limites de chacun, vous ouvrez la porte à des expériences intimes d’une intensité rare. L’essentiel réside dans l’équilibre entre assurance dominante et attention bienveillante aux réactions de votre partenaire.

FAQ

Le pegging est-il douloureux ?
Non, le pegging ne doit pas être douloureux si vous respectez les règles de base : préparation progressive, lubrification généreuse et communication constante. Une légère sensation d’inconfort ou de pression au début est normale le temps que le corps s’habitue, mais toute douleur aiguë signale qu’il faut ralentir ou arrêter. La clé réside dans la patience et l’écoute des signaux du corps.

Quelle taille de gode choisir pour débuter ?
Pour une première expérience, privilégiez un gode de petite à moyenne taille, soit environ 3 à 4 cm de diamètre et 12 à 15 cm de longueur utilisable. L’important n’est pas la taille mais la qualité du matériau (privilégiez le silicone médical) et la forme adaptée à l’anatomie anale. Vous pourrez toujours évoluer vers des tailles plus importantes une fois que le corps se sera habitué.

Le pegging remet-il en question l’orientation sexuelle ?
Absolument pas. Le plaisir anal n’a aucun lien avec l’orientation sexuelle. L’anus est une zone érogène riche en terminaisons nerveuses chez tous les êtres humains, indépendamment du genre ou de l’orientation. Apprécier le pegging relève simplement de la découverte d’une forme de plaisir, exactement comme apprécier toute autre stimulation corporelle.

Faut-il pratiquer un lavement avant le pegging ?
Ce n’est pas systématiquement nécessaire. Si votre transit intestinal est régulier et que vous avez une alimentation équilibrée, une hygiène externe normale suffit généralement. Certaines personnes préfèrent pratiquer une douche anale légère pour se sentir plus à l’aise psychologiquement, mais attention à ne pas en abuser car cela peut irriter les muqueuses. Si vous choisissez d’en faire une, restez dans la modération.

Peut-on pratiquer le pegging dans le cadre d’une relation vanilla ?
Bien sûr. Le pegging n’est pas réservé exclusivement à l’univers BDSM. De nombreux couples hétérosexuels « vanilla » explorent cette pratique simplement pour diversifier leur sexualité et découvrir de nouvelles sensations. La dimension de domination/soumission peut être présente ou non selon les envies de chacun. C’est avant tout une question de curiosité mutuelle et de consentement.